Saturday, May 19, 2012

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Histoire du maroc

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 Averroès

Averroès (Ibn ruchd en arabe) avant tout est un penseur musulman, juriste et médecin, né à Cordoue en 1126 et mort à Marrakech en 1198. Il est connu pour ses commentaires de l’oeuvre d’Aristote. C’est l’auteur le plus cité en philosophie médiévale après Thomas d'Aquin. C’est le seul auteur arabe qui ait donné son nom à un courant de la philosophie européenne, l’averroïsme.


Averroès Ibn Rushd (Histoire du Maroc)

 

 

De l’actualité d’Averroès et de l’Espagne musulmane,Al-andalous.

Cette actualité est associée conjecturalement à la commémoration des 800 ans de

la mort d’Averroès, cet intellectuel musulman de Cordoue à la stature intellectuelle

exceptionnelle. Son intérêt avait été réactivé par Le Destin, le film de Youssef

Chahine, prix spécial du festival de Cannes en 1997. Elle est liée plus largement aux

questions que se pose notre société sur le multiculturalisme et sur le rôle de la ville

comme lieu d’interférences de cultures issues d’horizons infiniment variés.

 

 Al-Andalous

C’est le nom donné par les Arabes à l’Espagne qu’ils ont conquise provoquant

l’effondrement du royaume wisigothique de Tolède en 711.

Al-Andalous, l’Espagne musulmane, a existé jusqu’en 1492, date de la reddition de

Grenade. Mais son étendue a beaucoup varié au cours des 7 siècles de présence

arabe et berbère. La situation de l’Espagne, frontalière de l’Europe chrétienne, mais

éloignée du pouvoir central de l’empire arabo-musulman situé à Bagdad, est

exemplaire des interférences produites par le contact des cultures qui se côtoient

autour de la Méditerranée.

Grande mosquée de Cordoue 

Grande mosquée de Cordou (Histoire de l'Alandalous)  Grande mosquée de Cordou (Histoire de l'Alandalous)

exécutée par des artisans que le calife omeyyade El-Hakan fit venir de Byzance.

 

C’est avant tout par l’Espagne que sont passés les grands courants de civilisation

entre l’Orient et l’Occident et qu’ont été transmis les fondements de la culture

grecque et les apports scientifiques des Arabes, issus de leurs relations avec l’Inde

et la Perse et de leurs propres recherches.


Al-Andalous, une Espagne pluriculturelle.

Plusieurs communautés coexistent sous l’arbitrage des califes de Cordoue :

communauté des croyants, la umma, mais sont considérés comme inférieurs aux "

vieux musulmans ".

- les hispaniques non convertis, les chrétiens dits mozarabes, qui deviennent

minoritaires au milieu du Xème siècle.

- les Juifs, dans toutes les villes. Ils s’occupent de grand commerce, d’artisanat, de

médecine. Ils sont aussi traducteurs et ambassadeurs des émirs et califes. L’école

talmudique de Cordoue est le centre d’une brillante activité intellectuelle.

- les Arabes et les Berbères, très minoritaires, sont des "vieux musulmans" ; ils

occupent le sommet de la hiérarchie sociale. Leurs rivalités empoisonnent la vie

politique. Sous leur influence, l’Espagne s’orientalise et s’islamise.

- les esclaves sont nombreux. Ils sont originaires d’Afrique, en particulier du Soudan,

et d’Europe, ceux qu’on appelle "slaves". Ils peuvent occuper des fonctions

importantes dans l’administration et dans l’armée et être affranchis.

 

 

La coexistence entre musulmans, juifs et chrétiens a été plutôt pacifique. Les

chrétiens et les juifs ont le statut de protégés (dhimmi), ce qui leur permet de

garder leur religion et leurs coutumes en échange d’impôts spécifiques. Les

quelques épisodes violents, révoltes individuelles ou collectives des populations

dominées que le pouvoir réprime, n’ont pas empêché les interférences culturelles.

Une brillante civilisation pluriculturelle imprégnée d’orientalisme s’épanouit dans les

modes de vie, la littérature, l’architecture. Le faste et le raffinement de la cour de

Cordoue, à son apogée au Xème et au début du XIème siècles, en est l’incarnation.


Al-andalous, une histoire mouvementée

L’unité est réalisée par les Omeyyades, dynastie arabe, qui fixe la capitale à Cordoue

en 756. Son souverain le plus prestigieux, Abd ar-Rahman III (912-961), prend le

titre de calife. Le califat de Cordoue, 7 millions d’habitants vers l’an 1000, était un

des pays les plus peuplés d’Occident.

Le calife, "commandeur des Croyants et défenseur de la vraie foi", a un pouvoir

absolu et personnel. C’est un mécène qui rassemble des artistes et des savants

dont les oeuvres alimentent l’éclat et le raffinement de sa cour. Le plurilinguisme des

élites et le brassage ethnique favorisent la floraison culturelle du califat de Cordoue

qui a fasciné les chrétiens.


La désagrégation

En 1002, à la mort d’Ibn Abi Amir (surnommé Al Mansour, le victorieux), qui a

gouverné à la place du jeune calife omeyyade, l’Espagne musulmane se fragmente

sous la pression de multiples clans. C’est la périodes des "taifas", des petites

principautés arabes, berbères, slaves. Le califat disparaît en 1031. Le roi chrétien

de Castille Alphonse VI en tire parti et fait son entrée à Tolède en 1085. Cependant

le foisonnement des oeuvres de toutes sortes continue sous l’impulsion des chefs

qui sont autant de mécènes.


La riposte au XIIèmesiècle : les Almoravides et les Almohades refont

l’unité de l’Islam.

Le père et le grand-père d’Averroès, grande lignée de magistrats cordouans, ont

servi les Almoravides..

Les Almoravides sont des guerriers berbères qui se sont entraînés à la guerre

sainte dans des couvents fortifiés appelés ribâts, d’où leur nom -murâbitûnalmoravides.

Leur conquête s’accompagne de préoccupations religieuses fortes : ils

veulent purger l’Islam de ses hérésies. Dans le domaine culturel, ils sont hostiles aux

"frivolités" comme la musique et la poésie. Ils ont conquis le Maroc, fondé Marrakech

et passé le détroit de Gibraltar en 1086 à l’appel de princes andalous. Ils prennent

Cordoue en 1091. Ils infligent une défaite sévère à Alphonse VI, roi de Castille, et

refont l’unité politique de l’Espagne à leur compte. Mais en 1121 débute la sédition

de tribus berbères qui s’étend à tout le Maroc, puis à l’Espagne. C’est dans ces

temps troublés que naît Averroès en 1126. La domination almoravide aura duré un

demi-siècle.

Averroès prend position en faveur des Almohades

Les Almohades : la douceur d’Al-Andalous ayant émoussé le rigorisme des

Almoravides, d’autres Berbères, derrière leur chef religieux Ibn Tûmart, veulent

revenir aux sources de l’Islam. Ibn Tûmart se proclame Mahdî, guide, seul interprète

de la Loi et de la Tradition coraniques. Ces Berbères croient en l’unité de Dieu, almuwahhid

en arabe, ce qui a été traduit par almohade en espagnol. Ils se lancent

dans la conquête de l’Afrique du Nord dont ils sont maîtres en 1160. Ils prennent

pied en Espagne en 1147 et créent un nouvel empire musulman d’Occident.

L’apogée correspond au règne de Abu Yusuf Yacub Al-Mansur (1184-1199) qui

inflige une défaite au roi de Castille en 1195. Mais en butte à des divisions internes

et à la contre-offensive chrétienne, leur puissance s’affaiblit. Pour conduire la guerre

sainte, les califes deviennent moins tolérants et Averroès doit émigrer à Marrakech

où il meurt. L’art cependant ne souffre pas du climat d’intolérance religieuse comme

en témoigne la Giralda de Séville. La défaite de Las Navas de Tolosa face à l’union

des Castillans, des Aragonais et des Catalans et la perte de Cordoue en 1236

marquent la fin de la puissance almohade. L’empire almohade aura duré trois quarts

de siècle. L’Espagne musulmane survit dans le royaume de Grenade qui occupe la

haute Andalousie et sa frange méditerranéenne.

 

 

Source:http://pedagogie.ac-toulouse.fr/culture/dossierspdf/Averro%E8s.pdf

 

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